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Affichage des articles du décembre, 2025

Autopsie d’une parole de menace : dérive tribale et confusion des rites dans le débat public gabonais

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  Le débat public au Gabon ne peut se réduire à des menaces de mort, à des stigmatisations ethniques ou à des falsifications de nos traditions. Or, les propos récemment tenus par Monsieur Junior Xavier NDONG NDONG franchissent cette ligne rouge. Ils ne relèvent plus de la liberté d’expression, mais d’une dérive pénale et culturelle qui met en danger la cohésion nationale.   Déclarer que toute critique appellerait la mort n’est pas une opinion, c’est une infraction. Le Code pénal gabonais est clair : les menaces de mort ( articles 240 à 243 ) et l’ incitation à troubler l’ordre public ( article 222 ) sont punissables. La parole publique engage, elle n’est pas un simple bruit. Elle devient acte juridique et social. Nul ne peut s’exonérer de la loi au motif d’une proximité réelle ou supposée avec le Chef de l’État.   Se proclamer « protecteur de la vie » tout en annonçant la mort est une contradiction flagrante. Dans nos cultures, la vie est sacrée, ancestrale ...

La Cour des Mirages : quand la rupture se recycle en continuité

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  Il paraît que la transition devait être une page blanche, une renaissance institutionnelle où les présidents des organes provisoires ne devaient pas s’accrocher à leurs fauteuils. On nous avait promis : « Ceux qui ont été présidents d’institutions pendant la transition ne le seraient plus après ».   Et pourtant, voici que Dieudonné Aba’a Owono , magistrat hors hiérarchie et surtout cousin du président, revient triomphalement à la tête de la Cour constitutionnelle . Non pas par la grâce d’un scrutin citoyen , mais par une élection interne à huis clos, aussitôt sanctifiée par décret présidentiel .   Satire d’une rupture en trompe-l’œil? - La parole donnée s’évapore : la promesse de rupture se dissout dans l’air comme une bulle de savon.   - La famille avant la République : quand le cousin préside la Cour, l’indépendance devient un conte pour enfants.   - La transition recyclée : on change les slogans, mais on garde les mêmes visages. ...

L’affaire Ogowè Siffon, révélateur d’une justice à géométrie variable

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  Résumé : Pascal Ogowè Siffon , ancien ministre du Tourisme et sénateur élu, a été arrêté le 16 décembre 2025 par les services de sécurité militaire (B2), quelques heures après sa démission du gouvernement et avant son installation officielle au Sénat. Il est soupçonné de détournement de plus de 10 milliards de francs CFA . Cette arrestation, survenue dans une zone grise institutionnelle , soulève des interrogations sur l’usage sélectif de la justice dans le Gabon de la transition. Une arrestation dans la zone grise institutionnelle Le 16 décembre 2025, Pascal Ogowè Siffon remet sa démission au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma . Quelques heures plus tard, alors qu’il se dirige vers son domicile, il est interpellé par le B2 (Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire) entre la Présidence et son domicile. Cette arrestation intervient juste avant son installation officielle au Sénat, bien qu’il ait été élu sénateur. En théorie, cet...

ENFANTS DISPARUS, SILENCE COMPLICES

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 Une tragédie qui se répète... Au Gabon , les disparitions d’enfants ne sont plus des faits isolés. Elles se multiplient, se murmurent dans les quartiers, s’exposent sur les réseaux sociaux , et pourtant elles peinent à trouver une réponse institutionnelle digne de ce nom. Chaque disparition est un drame familial, mais aussi un scandale national.   Le petit Pascal Cameron , disparu derrière l’ hôtel de la CAN , incarne une fois cette tragédie. Les citoyens ont crié, partagé, alerté. Les familles ont supplié. Mais les forces de l’ordre , censées protéger, se sont contentées de promesses vagues et de déclarations creuses : « des dispositions sont prises ».   Résultat : aucune unité spéciale, aucune enquête transparente, aucune communication publique. Cameron est devenu le symbole d’un pays où l’on disparaît dans l’indifférence.   LOCKO Pascal Cameron, porté disparu à Libreville il y a 5 hours maintenant.    Ce silence n’est pas neutre. Il es...

Le Sahel restructure le pouvoir économique, le Gabon demeure dans l’ambiguïté

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  Le Sahel assume la souveraineté : la BCID-AES comme instrument de recomposition du pouvoir. Le 13 décembre 2025, le Mali , le Burkina Faso et le Niger ont franchi un seuil stratégique en lançant la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES (BCID-AES).   Cet acte n’est pas un simple ajustement institutionnel : il constitue une reconfiguration du pouvoir économique dans une région longtemps maintenue dans la dépendance. La BCID-AES répond à trois impératifs politiques majeurs : 1. Rompre avec la dépendance structurelle aux institutions financières internationales et aux mécanismes monétaires hérités .   2. Créer un espace de décision autonome, où les priorités économiques sont définies par les États eux‑mêmes.   3. Doter l’ alliance sahélienne d’un bras financier cohérent avec son discours de souveraineté et de rupture. Le Sahel ne se contente plus de commenter l’ ordre économique mondial .   Il commence à ...

“CNSS : on ne peut pas demander plus à un peuple qui reçoit moins”

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         Il y a des réformes qui ressemblent à des aveux.   Quand un État annonce qu’il va augmenter les cotisations sociales, il reconnaît implicitement deux choses :   1. que le système est à bout de souffle,   2. et que ceux qui l’ont dirigé l’ont laissé s’effondrer. Aujourd’hui, on parle d’un “réajustement” des cotisations à la CNSS.   Le mot est poli.   La réalité l’est beaucoup moins.   On demande aux travailleurs et aux employeurs de payer plus — dans un pays où personne n’a jamais expliqué pourquoi l’argent d’hier n’a pas suffi. On veut moderniser la CNSS ? Très bien.   Mais moderniser ne veut pas dire faire payer les mêmes pour réparer les erreurs des mêmes.   Moderniser, c’est rendre des comptes.   Moderniser, c’est publier les bilans.   Moderniser, c’est dire la vérité. Car soyons clairs :   on ne peut pas demander plus à un peuple qui reçoit...

TAXE D’HABITATION : ENTRE CONFUSIONS, CONTRADICTIONS ET RÉSISTANCE CITOYENNE

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    Le 4 décembre 2025, le gouvernement a annoncé l’instauration d’une Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH), applicable dès janvier 2026 et prélevée mensuellement via les factures d’électricité, la SEEG servant d’opérateur de collecte.   Présentée comme un instrument d’équité contributive, cette taxe a immédiatement suscité une vague d’indignation nationale. Face à la contestation, le gouvernement a déclaré que la mesure serait soumise au vote du Parlement, laissant entendre que les nouveaux députés devront trancher.   Mais cette posture soulève une série de contradictions. 1. Une incohérence juridique flagrante Henri-Claude Oyima affirme que la taxe foncière existe déjà dans la loi de finances 2022.   Si tel est le cas, pourquoi renvoyer la question au Parlement ?   Le Parlement ne peut délibérer deux fois sur une même loi, sauf pour l’abroger ou la modifier.   Cette contradiction révèle soit une méconnaissance des textes, soi...

Affaire Opiangah : un signal inédit pour l’État gabonais

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      Synthèse – OBSERVATOIRE CITOYEN DU GABON  La recevabilité, par la Commission africaine des droits de l’Homme, de la plainte déposée par Hervé Patrick Opiangah contre l’État gabonais constitue une première historique. Dans un système où près de 98 % des requêtes sont rejetées dès le départ, ce franchissement du filtre de recevabilité indique que les faits présentés sont jugés graves, cohérents et suffisamment documentés. Le dossier, composé de plus de soixante-dix pièces, dénonce des atteintes à la dignité, des abus d’autorité et des irrégularités de procédure. Au-delà du cas individuel, cette affaire révèle les limites des voies de recours internes et interroge la capacité des institutions gabonaises à garantir justice, indépendance et transparence. La procédure qui s’ouvre place désormais l’État face à un examen contradictoire continental. Même si les décisions de la Commission sont symboliques, leur portée politique est réelle : elles engagent la réputation d...

Quand l’État répare ses silences : justice sociale ou stratégie politique ?

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Prestations sociales : gel officiel, paiements officieux et droit à la vérité.     Une annonce qui soulage, mais interroge.      Le 10 décembre 2025, le Chef de l’État a annoncé le déblocage de 6 milliards FCFA pour relancer les prestations sociales suspendues depuis 2017 : allocations de maternité, de vieillesse, de survivants et remboursements de cotisations. Cette décision touche des milliers de familles longtemps privées de leurs droits. Elle est saluée comme une victoire pour la dignité sociale, mais elle soulève une question essentielle : s’agit-il d’une véritable réforme ou d’une manœuvre politique ? Officiellement, les prestations étaient gelées. Mais dans la réalité, certains bénéficiaires ont continué à percevoir des paiements, souvent de manière irrégulière ou sélective. Ce paradoxe révèle une double vérité :   - Gel officiel : un discours institutionnel qui suspend les droits pour tous.   - Paiements officieux : des versements di...

Quand l’État s’engraisse, le peuple s’épuise : à propos de la taxe d’habitation dans un Gabon à deux vitesses

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  En 2025, le budget cumulé des 15 institutions de la République gabonaise atteint 39 milliards de FCFA, soit une hausse de près de 3,6 milliards par rapport à 2024. Une augmentation qui, dans certains cas, s’accompagne d’un accroissement des effectifs — comme à la Présidence (+200 agents) — mais qui, dans bien d’autres, semble simplement reconduire des privilèges sans justification apparente. Pendant ce temps, le citoyen lambda, déjà étranglé par la vie chère, se voit imposer une taxe d’habitation dont la légitimité sociale et morale mérite d’être interrogée. Des institutions budgétivores, sans reddition de comptes - Assemblée nationale : +200 millions, sans variation d’effectif.   - Cour des comptes : +900 millions, pour 510 agents.   - Conseil d’État : +500 millions, sans changement d’effectif.   - Médiature de la République : 3 agents, mais près de 20 millions de masse salariale.   Ces chiffres, extraits du PLF 2024/2025, révèlent une lo...

Quand l’horreur devient virale !!!

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Il  est des images qui devraient nous glacer le sang... Ces derniers jours, des vidéos d’abus sexuels sur mineurs ont circulé sur les réseaux sociaux, exposant au grand jour une violence insoutenable. Non seulement ces crimes existent, mais ils sont filmés, partagés, commentés, comme si la souffrance d’un enfant pouvait devenir un spectacle. Ce phénomène n’est pas un simple fait divers : il est le symptôme d’une société qui tolère trop et protège trop peu La banalisation du crime par le numérique La diffusion de ces vidéos révèle une fracture morale profonde. Les auteurs sont des criminels, mais ceux qui diffusent, partagent ou consomment ces contenus deviennent complices. Dans l’ère numérique, un clic peut être aussi violent qu’un coup. La responsabilité collective est engagée : chaque partage entretient l’impunité et transforme l’horreur en banalité. L’État face à son devoir Le Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance a réagi en promettant des enquête...

Justice en péril : quand l’arbitraire infiltre la magistrature

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  L ’admission d’un 301ᵉ candidat au concours de l’École Nationale de la Magistrature, alors qu’un arrêté ministériel en fixait rigoureusement le plafond à 300, ne relève pas d’un simple cafouillage administratif. C’est une violation manifeste des normes républicaines. Ce dépassement, aussi discret soit-il, trahit les principes de rigueur et d’équité qui devraient gouverner l’accès à la fonction judiciaire. Douze candidats, pourtant admissibles et respectueux des règles, ont été écartés. Leur frustration est légitime. Leur sentiment d’avoir été floués par une institution censée incarner la droiture est profondément révélateur. Je parle ici en connaissance de cause. En 2021, j’avais moi-même envisagé de me présenter à ce concours. Mais à la veille des épreuves, j’ai choisi de me retirer. Trop de signaux, trop de bruits, trop de manœuvres visibles à l’œil nu m’indiquaient que le jeu était faussé. Ce retrait, douloureux mais lucide, fut un acte de préservation morale. Car comment croi...

La souveraineté du peuple gabonais, socle de notre dignité

La souveraineté du peuple gabonais n’est pas une formule constitutionnelle figée .  Elle est l’essence même de notre vie collective, le principe qui fonde la légitimité de toute autorité.  Or, trop souvent, ce principe est confisqué, réduit à un rituel électoral vidé de son sens, alors qu’il devrait être le cœur battant de notre République. La souveraineté n’est pas une faveur accordée par les institutions, elle est un droit inaliénable .  Elle appartient au peuple, et au peuple seul. C’est lui qui délègue, qui contrôle, qui sanctionne. C’est lui qui doit rester vigilant face aux dérives, aux abus, aux tentatives de réduire la citoyenneté à une simple formalité.  La souveraineté est vigilance, elle est exigence, elle est mémoire. Nous devons rappeler que l’histoire du Gabon est jalonnée de luttes pour la dignité et la justice . Chaque génération a porté sa part de combat, chaque citoyen a contribué à maintenir vivante cette flamme. Aujourd’hui, il nous revient de ...