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Élection sans choix : quand la démocratie devient validation

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  P eut-on encore parler d’élection lorsqu’un seul candidat est en lice ? La question, loin d’être théorique, s’impose avec acuité dans certaines organisations où les processus électoraux, bien que formellement respectés, semblent produire des résultats joués d’avance. Le cas récent de la Fédération gabonaise de football illustre parfaitement cette tension entre légalité procédurale et réalité démocratique. À première vue, tout y est. Un appel à candidatures, des critères définis, une commission électorale, un congrès appelé à voter. En apparence, les règles du jeu démocratique sont respectées. Pourtant, à l’arrivée, un seul candidat demeure. Les autres ont été écartés en amont, pour des raisons jugées administratives ou réglementaires : défaut de parrainages, dossiers incomplets, non-conformité aux exigences. Le processus électoral est intact dans sa forme, mais vidé de sa substance essentielle : le choix. Car une élection n’est pas seulement un mécanisme. Elle est, avant tout, un...

Les conséquences de la suspension des réseaux sociaux au Gabon

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  La suspension des réseaux sociaux au Gabon est devenue un phénomène récurrent lors des périodes de tension politique ou sociale. Si cette mesure est souvent justifiée par les autorités comme un moyen de préserver l’ordre public, elle soulève néanmoins de nombreuses interrogations quant à ses effets réels sur la société. En réalité, couper l’accès aux plateformes numériques entraîne des conséquences profondes qui touchent la communication, l’économie, l’accès à l’information et même la cohésion sociale. D’abord, la suspension des réseaux sociaux perturbe gravement la communication quotidienne. Dans un pays où WhatsApp , Facebook et Instagram sont devenus des outils essentiels pour échanger, travailler et s’organiser, leur blocage crée une rupture brutale. Les familles sont coupées de leurs proches, les travailleurs indépendants ne peuvent plus contacter leurs clients, et les étudiants perdent un canal important de partage de ressources. Cette coupure numérique fragilise donc l...

Enseigner au Gabon : " la prime de la honte" entre mépris institutionnel et injonction à la fidélité

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La grève des enseignants révèle une fracture profonde entre les discours officiels et la réalité vécue par ceux qui portent l’école gabonaise . D’un côté, des éducateurs maintenus dans la précarité et humiliés par des rémunérations dérisoires ; de l’autre, des appels solennels à la loyauté absolue envers l’État. Des carrières figées, des salaires amputé s Le cas d’une professeure de lycée, entamant sa 16ᵉ année sous statut de stagiaire , illustre une anomalie administrative devenue pratique courante. Les textes prévoient pourtant une titularisation dans un délai d’un à deux ans. Seize années de promesses sans suite et de précarité institutionnalisée.   Selon la grille du système de rémunération (2015), une régularisation entraînerait une hausse de 293 500 F CFA sur son salaire mensuel de base :   - Stagiaire A1 (indice 663) : 331 500 F CFA   - Titulaire A1 (indice 1250) : 625 000 F CFA   Sur seize ans, ce différentiel représente plus de 55 milli...

Autopsie d’une parole de menace : dérive tribale et confusion des rites dans le débat public gabonais

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  Le débat public au Gabon ne peut se réduire à des menaces de mort, à des stigmatisations ethniques ou à des falsifications de nos traditions. Or, les propos récemment tenus par Monsieur Junior Xavier NDONG NDONG franchissent cette ligne rouge. Ils ne relèvent plus de la liberté d’expression, mais d’une dérive pénale et culturelle qui met en danger la cohésion nationale.   Déclarer que toute critique appellerait la mort n’est pas une opinion, c’est une infraction. Le Code pénal gabonais est clair : les menaces de mort ( articles 240 à 243 ) et l’ incitation à troubler l’ordre public ( article 222 ) sont punissables. La parole publique engage, elle n’est pas un simple bruit. Elle devient acte juridique et social. Nul ne peut s’exonérer de la loi au motif d’une proximité réelle ou supposée avec le Chef de l’État.   Se proclamer « protecteur de la vie » tout en annonçant la mort est une contradiction flagrante. Dans nos cultures, la vie est sacrée, ancestrale ...

La Cour des Mirages : quand la rupture se recycle en continuité

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  Il paraît que la transition devait être une page blanche, une renaissance institutionnelle où les présidents des organes provisoires ne devaient pas s’accrocher à leurs fauteuils. On nous avait promis : « Ceux qui ont été présidents d’institutions pendant la transition ne le seraient plus après ».   Et pourtant, voici que Dieudonné Aba’a Owono , magistrat hors hiérarchie et surtout cousin du président, revient triomphalement à la tête de la Cour constitutionnelle . Non pas par la grâce d’un scrutin citoyen , mais par une élection interne à huis clos, aussitôt sanctifiée par décret présidentiel .   Satire d’une rupture en trompe-l’œil? - La parole donnée s’évapore : la promesse de rupture se dissout dans l’air comme une bulle de savon.   - La famille avant la République : quand le cousin préside la Cour, l’indépendance devient un conte pour enfants.   - La transition recyclée : on change les slogans, mais on garde les mêmes visages. ...

L’affaire Ogowè Siffon, révélateur d’une justice à géométrie variable

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  Résumé : Pascal Ogowè Siffon , ancien ministre du Tourisme et sénateur élu, a été arrêté le 16 décembre 2025 par les services de sécurité militaire (B2), quelques heures après sa démission du gouvernement et avant son installation officielle au Sénat. Il est soupçonné de détournement de plus de 10 milliards de francs CFA . Cette arrestation, survenue dans une zone grise institutionnelle , soulève des interrogations sur l’usage sélectif de la justice dans le Gabon de la transition. Une arrestation dans la zone grise institutionnelle Le 16 décembre 2025, Pascal Ogowè Siffon remet sa démission au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma . Quelques heures plus tard, alors qu’il se dirige vers son domicile, il est interpellé par le B2 (Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire) entre la Présidence et son domicile. Cette arrestation intervient juste avant son installation officielle au Sénat, bien qu’il ait été élu sénateur. En théorie, cet...

ENFANTS DISPARUS, SILENCE COMPLICES

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 Une tragédie qui se répète... Au Gabon , les disparitions d’enfants ne sont plus des faits isolés. Elles se multiplient, se murmurent dans les quartiers, s’exposent sur les réseaux sociaux , et pourtant elles peinent à trouver une réponse institutionnelle digne de ce nom. Chaque disparition est un drame familial, mais aussi un scandale national.   Le petit Pascal Cameron , disparu derrière l’ hôtel de la CAN , incarne une fois cette tragédie. Les citoyens ont crié, partagé, alerté. Les familles ont supplié. Mais les forces de l’ordre , censées protéger, se sont contentées de promesses vagues et de déclarations creuses : « des dispositions sont prises ».   Résultat : aucune unité spéciale, aucune enquête transparente, aucune communication publique. Cameron est devenu le symbole d’un pays où l’on disparaît dans l’indifférence.   LOCKO Pascal Cameron, porté disparu à Libreville il y a 5 hours maintenant.    Ce silence n’est pas neutre. Il es...

Le Sahel restructure le pouvoir économique, le Gabon demeure dans l’ambiguïté

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  Le Sahel assume la souveraineté : la BCID-AES comme instrument de recomposition du pouvoir. Le 13 décembre 2025, le Mali , le Burkina Faso et le Niger ont franchi un seuil stratégique en lançant la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES (BCID-AES).   Cet acte n’est pas un simple ajustement institutionnel : il constitue une reconfiguration du pouvoir économique dans une région longtemps maintenue dans la dépendance. La BCID-AES répond à trois impératifs politiques majeurs : 1. Rompre avec la dépendance structurelle aux institutions financières internationales et aux mécanismes monétaires hérités .   2. Créer un espace de décision autonome, où les priorités économiques sont définies par les États eux‑mêmes.   3. Doter l’ alliance sahélienne d’un bras financier cohérent avec son discours de souveraineté et de rupture. Le Sahel ne se contente plus de commenter l’ ordre économique mondial .   Il commence à ...

“CNSS : on ne peut pas demander plus à un peuple qui reçoit moins”

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         Il y a des réformes qui ressemblent à des aveux.   Quand un État annonce qu’il va augmenter les cotisations sociales, il reconnaît implicitement deux choses :   1. que le système est à bout de souffle,   2. et que ceux qui l’ont dirigé l’ont laissé s’effondrer. Aujourd’hui, on parle d’un “réajustement” des cotisations à la CNSS.   Le mot est poli.   La réalité l’est beaucoup moins.   On demande aux travailleurs et aux employeurs de payer plus — dans un pays où personne n’a jamais expliqué pourquoi l’argent d’hier n’a pas suffi. On veut moderniser la CNSS ? Très bien.   Mais moderniser ne veut pas dire faire payer les mêmes pour réparer les erreurs des mêmes.   Moderniser, c’est rendre des comptes.   Moderniser, c’est publier les bilans.   Moderniser, c’est dire la vérité. Car soyons clairs :   on ne peut pas demander plus à un peuple qui reçoit...

TAXE D’HABITATION : ENTRE CONFUSIONS, CONTRADICTIONS ET RÉSISTANCE CITOYENNE

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    Le 4 décembre 2025, le gouvernement a annoncé l’instauration d’une Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH), applicable dès janvier 2026 et prélevée mensuellement via les factures d’électricité, la SEEG servant d’opérateur de collecte.   Présentée comme un instrument d’équité contributive, cette taxe a immédiatement suscité une vague d’indignation nationale. Face à la contestation, le gouvernement a déclaré que la mesure serait soumise au vote du Parlement, laissant entendre que les nouveaux députés devront trancher.   Mais cette posture soulève une série de contradictions. 1. Une incohérence juridique flagrante Henri-Claude Oyima affirme que la taxe foncière existe déjà dans la loi de finances 2022.   Si tel est le cas, pourquoi renvoyer la question au Parlement ?   Le Parlement ne peut délibérer deux fois sur une même loi, sauf pour l’abroger ou la modifier.   Cette contradiction révèle soit une méconnaissance des textes, soi...