L’affaire Ogowè Siffon, révélateur d’une justice à géométrie variable


 Résumé : Pascal Ogowè Siffon, ancien ministre du Tourisme et sénateur élu, a été arrêté le 16 décembre 2025 par les services de sécurité militaire (B2), quelques heures après sa démission du gouvernement et avant son installation officielle au Sénat. Il est soupçonné de détournement de plus de 10 milliards de francs CFA. Cette arrestation, survenue dans une zone grise institutionnelle, soulève des interrogations sur l’usage sélectif de la justice dans le Gabon de la transition.


Une arrestation dans la zone grise institutionnelle


Le 16 décembre 2025, Pascal Ogowè Siffon remet sa démission au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Quelques heures plus tard, alors qu’il se dirige vers son domicile, il est interpellé par le B2 (Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire) entre la Présidence et son domicile.


Cette arrestation intervient juste avant son installation officielle au Sénat, bien qu’il ait été élu sénateur. En théorie, cette élection lui confère une immunité parlementaire. En pratique, cette immunité ne devient effective qu’après l’installation formelle. Les autorités ont donc agi dans ce laps de temps pour éviter toute procédure de levée d’immunité.


Une affaire de 10 milliards de francs CFA


Ogowè Siffon est soupçonné d’irrégularités financières portant sur plus de 10 milliards de francs CFA, destinés à la relance du secteur touristique. Ces fonds auraient été détournés ou mal utilisés durant son mandat ministériel. Il a été placé sous mandat de dépôt dans la nuit du 24 décembre, selon des sources proches de sa famille, pour éviter une manifestation prévue devant le tribunal de Libreville.


Une justice à deux vitesses ?



Ce dossier met en lumière une contradiction flagrante : alors qu’un sénateur élu est arrêté dans des conditions discutables, plusieurs proches du pouvoir, pourtant cités dans des affaires de détournements ou de gestion opaque, ne sont ni inquiétés ni convoqués par la justice.


Cette asymétrie alimente le sentiment d’une justice sélective, où les procédures sont accélérées pour certains et suspendues pour d’autres. Elle interroge la sincérité de la transition gabonaise, censée incarner la rupture avec les pratiques du passé.


L’affaire Ogowè Siffon a provoqué un séisme politique. Elle révèle :

- La fragilité des garanties institutionnelles, même pour des élus.

- L’instrumentalisation possible de la justice, à des fins politiques.

- Le besoin urgent d’une réforme judiciaire, garantissant l’égalité devant la loi.


Pour les observateurs citoyens, cette affaire est un test : celui de la capacité du Gabon à construire une démocratie fondée sur la transparence, la responsabilité et la dignité parlementaire.



Par Mk, auteur et citoyen vigilant | OBSERVATOIRE CITOYEN DU GABON 


Sources :

- Gabonreview – Anatomie d’une arrestation dans la zone grise institutionnelle

- Gabonactu – Pascal Ogowè Siffon jeté en prison mercredi au petit matin

- Gabonmediatime – Interpellation par le B2 après sa démission

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