TAXE D’HABITATION : ENTRE CONFUSIONS, CONTRADICTIONS ET RÉSISTANCE CITOYENNE
Le 4 décembre 2025, le gouvernement a annoncé l’instauration d’une Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH), applicable dès janvier 2026 et prélevée mensuellement via les factures d’électricité, la SEEG servant d’opérateur de collecte.
Présentée comme un instrument d’équité contributive, cette taxe a immédiatement suscité une vague d’indignation nationale.
Face à la contestation, le gouvernement a déclaré que la mesure serait soumise au vote du Parlement, laissant entendre que les nouveaux députés devront trancher.
Mais cette posture soulève une série de contradictions.
1. Une incohérence juridique flagrante
Henri-Claude Oyima affirme que la taxe foncière existe déjà dans la loi de finances 2022.
Si tel est le cas, pourquoi renvoyer la question au Parlement ?
Le Parlement ne peut délibérer deux fois sur une même loi, sauf pour l’abroger ou la modifier.
Cette contradiction révèle soit une méconnaissance des textes, soit une tentative de brouiller les pistes.
2. Une confusion entretenue entre CFU et TFH
La loi de finances 2022 prévoit une Contribution Foncière Unique (CFU), due uniquement par les propriétaires fonciers.
Son calcul est complexe : superficie, bâti, non-bâti, usage, etc.
Son recouvrement est annuel, déclaratif, et assuré par les services des impôts.
Il existe également une taxe forfaitaire d’habitation, elle aussi fondée sur la propriété légale, avec un mode de calcul technique et un recouvrement confié aux impôts.
Rien, absolument rien, dans ces dispositifs, ne prévoit une collecte mensuelle, forfaitaire, zonée, et externalisée à la SEEG.
3. Une déviation assumée de l’esprit de la loi
En créant une classification par zones, en fixant des montants arbitraires, et en imposant un recouvrement via la SEEG, le gouvernement s’écarte totalement de la lettre et de l’esprit de la loi de finances 2022.
Les anciens gouvernements avaient différé l’application de cette taxe précisément à cause de ces zones d’ombre techniques.
Le gouvernement actuel choisit la voie du passage en force.
Une grille zonée sans fondement clair.

Cette grille n’a aucune base technique solide.
Elle simplifie à l’extrême une réalité foncière complexe, au détriment de l’équité et de la justice fiscale.
Le Parlement face à l’épreuve du courage.
Lors d’un précédent vote, trois députés seulement avaient osé voter contre cette taxe.
Aujourd’hui, la question revient avec force :
qui osera dire non ?
Sur les réseaux sociaux, la colère citoyenne est palpable :
« Vous avez voté des bénis OUI OUI. Vous avez vendu vos voix et aujourd’hui vous vous plaignez. Vous allez LE PAYER. »
Le message est clair :
on ne peut pas élire la docilité et espérer la résistance.
No pasaran : la résistance citoyenne s’organise
Le gouvernement espère imposer cette taxe comme il l’a fait pour d’autres mesures : rapidement, sans débat, sans transparence.
Mais cette fois-ci, la société civile se lève.
Les citoyens comprennent les enjeux.
Ils refusent la confusion, l’opacité et la précipitation.
No pasaran.
Cette taxe, dans sa forme actuelle, n’est ni juste, ni légale, ni conforme aux textes existants.
Elle doit être repensée, débattue, et replacée dans un cadre fiscal cohérent.
Par Mk, auteur et acteur civil vigilant | OBSERVATOIRE CITOYEN DU GABON


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