Justice en péril : quand l’arbitraire infiltre la magistrature
L’admission d’un 301ᵉ candidat au concours de l’École Nationale de la Magistrature, alors qu’un arrêté ministériel en fixait rigoureusement le plafond à 300, ne relève pas d’un simple cafouillage administratif. C’est une violation manifeste des normes républicaines. Ce dépassement, aussi discret soit-il, trahit les principes de rigueur et d’équité qui devraient gouverner l’accès à la fonction judiciaire.
Douze candidats, pourtant admissibles et respectueux des règles, ont été écartés. Leur frustration est légitime. Leur sentiment d’avoir été floués par une institution censée incarner la droiture est profondément révélateur.
Je parle ici en connaissance de cause. En 2021, j’avais moi-même envisagé de me présenter à ce concours. Mais à la veille des épreuves, j’ai choisi de me retirer. Trop de signaux, trop de bruits, trop de manœuvres visibles à l’œil nu m’indiquaient que le jeu était faussé. Ce retrait, douloureux mais lucide, fut un acte de préservation morale.
Car comment croire en une justice qui ne respecte pas ses propres textes ? Comment demander aux citoyens de faire confiance à une institution qui contourne ses propres règles ? Une justice qui s’autorise des passe-droits se fragilise elle-même, et avec elle, tout l’édifice républicain.
Dans un État digne de ce nom, la légitimité de la justice repose sur trois fondations :
- La conformité aux lois
- L’impartialité dans le traitement
- La clarté des décisions
Or, dans ce cas précis, ces trois piliers ont été ébranlés. Ce n’est pas une simple irrégularité : c’est un signal d’alarme. Les Gabonais n’attendent pas des arrangements, mais une justice qui protège les méritants, défend les droits de tous, et applique les lois sans favoritisme.
Si la magistrature elle-même se permet des entorses, qui restera pour incarner l’équité dans ce pays ?
Par Mk, auteur et citoyen vigilant | OBSERVATOIRE CITOYEN DU GABON
– Décembre 2025

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