Quand l’État s’engraisse, le peuple s’épuise : à propos de la taxe d’habitation dans un Gabon à deux vitesses
En 2025, le budget cumulé des 15 institutions de la République gabonaise atteint 39 milliards de FCFA, soit une hausse de près de 3,6 milliards par rapport à 2024. Une augmentation qui, dans certains cas, s’accompagne d’un accroissement des effectifs — comme à la Présidence (+200 agents) — mais qui, dans bien d’autres, semble simplement reconduire des privilèges sans justification apparente. Pendant ce temps, le citoyen lambda, déjà étranglé par la vie chère, se voit imposer une taxe d’habitation dont la légitimité sociale et morale mérite d’être interrogée.
Des institutions budgétivores, sans reddition de comptes
- Assemblée nationale : +200 millions, sans variation d’effectif.
- Cour des comptes : +900 millions, pour 510 agents.
- Conseil d’État : +500 millions, sans changement d’effectif.
- Médiature de la République : 3 agents, mais près de 20 millions de masse salariale.
Ces chiffres, extraits du PLF 2024/2025, révèlent une logique de reconduction automatique, où l’État semble se financer lui-même, sans exigence de performance ni transparence sur les missions accomplies. Le citoyen, lui, n’a pas cette chance : il doit justifier chaque franc dépensé, chaque mètre carré habité.
La taxe d’habitation : injustice structurelle ou cynisme fiscal ?
Dans un pays où plus de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, où l’accès à l’eau, à l’électricité et à la santé reste précaire, demander au peuple de s’acquitter d’une taxe sur l’habitation revient à monétiser la survie. Cette taxe, censée financer les collectivités locales, repose sur une fiction : celle d’un État équitable, où chacun contribue selon ses moyens. Or, les moyens du peuple sont épuisés, tandis que ceux des institutions semblent inépuisables.
Le contraste qui indigne :
Pendant que certains agents publics perçoivent des salaires mensuels équivalents à plusieurs années de revenu d’un citoyen moyen, ce même citoyen est sommé de payer pour le simple fait d’avoir un toit — souvent précaire, parfois informel, toujours vital.
« Vous savez où trouver les finances, allez les chercher à ces endroits. »
Princesse de Souba
Les voix qui s'élèvent cristallisent une colère légitime. Elles ne visent pas seulement les chiffres, mais l’architecture morale d’un système où l’État prélève sans redistribuer, exige sans écouter, impose sans justifier.
Ce cri du cœur est aussi un appel à la lucidité : l’argent existe, mais il est capté, concentré, sanctuarisé dans des poches institutionnelles opaques. Ce n’est pas dans les poches du Gabonais lambda que l’État doit chercher ses ressources, mais dans une réforme courageuse de ses propres dépenses.
Par Mk, auteur et acteur civil vigilant | OBSERVATOIRE CITOYEN DU GABON

C'est tellement vrai seigneur
RépondreSupprimerMerci pour votre analyse pertinente !!
RépondreSupprimerTout en espérant que chacun en prenne conscience...